Humeur

Le temps qui passe

 

Ce week-end, je suis rentrée chez mes parents dans ma région d’origine. J’ai un peu plus de 30 ans; et ce retour aux sources a fait ressurgir plein de souvenirs de ma jeunesse, de mon adolescence et de ma vie de jeune adulte.

Aujourd’hui, je suis mariée, j’ai un enfant, je travaille dans une grande entreprise à Paris; et je me suis dit sur le coup que j’avais bien perdu de mes rêves d’adolescente et de ma naïveté.

J’ai repensé à mon enfance : aux jeux dans le jardin avec mon petit frère quand j’étais petite, à l’odeur des crêpes que ma maman nous faisait tous les mercredis, à mon papa qui revenait le soir après le travail les bras chargés de fruits & légumes… J’ai aussi beaucoup pensé à ma maman en me disant qu’aujourd’hui c’était moi la jeune maman; et cela m’a rendu mélancolique de constater que oui, mes parents vieillissent. J’ai essayé de l’imaginer, de me souvenir comment elle était avec nous à notre âge. Maman faisait aussi beaucoup plus jeune que son âge à cette époque, comme moi aujourd’hui apparemment. J’ai ressenti aussi de la nostalgie. Celle de me dire que je ne serai plus jamais une enfant, car j’y vois maintenant mon fils à ma place. D’ailleurs, je me demande si je vais réussir à lui offrir une jeunesse aussi insouciante et heureuse comme j’ai pu connaître ? Quand j’étais gamine, nous jouions dans notre grand jardin avec des escargots, des grenouilles, les chats… Nous voyons aussi passer des biches et des cerfs dans notre jardin, étions des chevaliers avec des bâtons en guise d’épée… Oui, je sais, ça fait genre « petite maison dans la prairie » mais j’ai eu la chance de grandir à proximité de la nature. J’ai reçu beaucoup d’amour et j’ai grandi dans une famille unie. Vais-je réussir à offrir autant de bonheur à Petit Prince ?

woman-1209866__340

Ce week-end m’a permis aussi de penser à mon adolescence et à mon début de vie d’adulte. Au parc, où nous nous promenions tout le temps avec mes amis… J’y ai revu mes premières petites « histoires d’amour », j’y ai revu mon insouciance. A l’époque, j’étais jeune, naïve, remplie de rêves et surtout moins forte. Je m’emballais pour un rien et j’étais à fleur de peau. Mais j’ai aimé cette période où j’allais au pub avec mes amis, au match de foot le samedi soir (oui, oui !). Quand j’ai vu ce week-end mon témoin de mariage, nous avons parlé de nos vies et du chemin que nous avions fait. Je n’aurai pas pu imaginer il y a 10 ans ce que je suis devenue. Déjà, je n’aurai jamais cru partir de chez mes parents à 17 ans, faire des études si intéressantes, vivre un an à l’étranger, puis me poser à Paris pour me marier et fonder une famille.

Je n’ai pas de regrets, mais je me rends compte que j’ai fait des choix conventionnels et rationnels à la fin de mes études : je suis partie en finance parce qu’il y avait de l’emploi et que je voulais un mode de vie stable plutôt que de devenir grand reporter, comme je l’avais voulu en rentrant en sciences politiques ! J’ai perdu aussi cette petite étincelle qui me disait que tout est possible, parce qu’aujourd’hui j’ai des responsabilités : une famille à aimer.

Mais ce n’est pas grave ! Ma famille m’apporte un autre accomplissement et une vraie stabilité émotionnelle. Je suis très fière du chemin parcouru et j’espère que les choses continueront ainsi. J’ai compris en grandissant et en prenant de la maturité que l’on ne peut pas tout avoir et qu’il faut juste faire les choix les plus en accord avec soi-même. Cela ne veut pas dire que je n’ai plus de rêves. Ils sont juste plus mesurés.

Maintenant la question que je me pose et où voulons-nous aller avec mon mari ? Car oui, c’est aussi la grande différence : nous sommes deux à faire des choix maintenant. Allons-nous quitter Paris et pourquoi pas nous expatrier ? Allons-nous avoir un deuxième enfant ? Est-ce que mes parents seront encore présents suffisamment longtemps pour profiter de leurs petits-enfants ?

Bref, le temps passe, mais c’est normal. C’est bien d’avoir parfois un peu de nostalgie et de mélancolie pour ne pas oublier et ne pas renier ce que l’on a été et ce qui nous a construit, mais c’est bien aussi d’utiliser ces sentiments pour savoir où l’on veut aller.

J’aime la moi du passé. Sur mes photos d’adolescente, je me suis trouvée terriblement belle alors qu’à cette époque, je manquais cruellement de confiance en moi ! Et quand, je me retourne sur ces années, je me dis que je m’en suis pas mal sortie. Maintenant, à moi de faire que dans dix ans, je sois nostalgique de la moi d’aujourd’hui. Cela voudra dire que j’aurai bien profité, fait les bons choix et que j’aurai juste à continuer sur cette lancée et tout simplement vivre…

Publicités

5 réflexions au sujet de « Le temps qui passe »

  1. Ton article me parle beaucoup ! Hier soir encore on se disait avec mon mari qu’on a une vie trop posée et que ça ne risque pas de s’améliorer si on devient parent… Moi je rêve encore de tout plaquer et de partir sillonner l’Amérique latine. Je rêve de soleil et des tropiques et beaucoup moins d’investissement immobilier et de construire l’héritage de notre progéniture (ce qu’on fait pour le moment). On verra où l’avenir nous mènera mais je commence à me dire que le chemin classique n’est peut être pas pour nous…

    Aimé par 2 people

    1. Je peux le comprendre. Des fois, je me prends à rêver et à me dire que j’aimerai faire telle ou telle chose. Heureusement avec mon travail, je voyage un peu et ça me fait du bien d’autant plus que je découvre des coins atypiques et pas forcément touristiques (même si je suis toujours très triste de laisser ma famille quelques jours).

      J'aime

  2. J’aime beaucoup ton article. Moi aussi j’aime me replonger dans ma jeunesse, me rappeler ces bons souvenirs, ces jeux, ces odeurs, etc.
    Comme toi, j’espère pouvoir offrir une enfance insouciante à ma fille aussi longtemps que possible.
    Mais aujourd’hui, je suis sûre de mes choix, sûre de ma vie, j’aime ce chemin, conventionnel certes, qu’on emprunte car c’est ma famille qui a le plus d’importance aujourd’hui à mes yeux.
    PS: je ne me suis jamais trouvée belle sur mes photos adolescentes et ce n’est toujours pas le cas aujourd’hui si je les regarde à nouveau 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Ah ben zut alors ! Mais peut-être que tu vas te bonifier avec le temps comme le bon vin, non 😉 Oui, je comprends que ta famille soit le plus important et je le comprends ! C’est important et parfois, mon coeur se sert en me disant que je ne passe pas assez de temps avec les gens que j’aime. C’est dur de laisser mon fils à la crèche (alors qu’il a 21 mois, je suis toujours triste certains jours…), et je vois peu mes parents qui ne vivent pas dans la même région que moi. Malheureusement – et je l’écris dans mon article – on ne peut pas tout avoir. J’essaye juste de faire les meilleurs choix possibles…

      Aimé par 1 personne

  3. Ah la la, se retourner sur sa vie et réaliser qu’on est à la croisée des chemins : c’est un sentiment que j’éprouve régulièrement et qui m’angoisse.
    Comme toi, des rêves et des envies, j’en ai plein, mais j’ai du mal à bousculer ma vie confortable et choix raisonnables. Je rêve aussi d’expatriation, mais je ne suis pas prête à sauter le pas.
    J’espère que, de votre côté, vous allez pouvoir vous trouver, avec tous ces merveilleux choix possibles ! ❤

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s