Couple·Vie de famille

Devenir parents : quelle place pour le papa ?

En parcourant plusieurs articles à droite à gauche, j’ai souvent lu que plusieurs mamans se sentaient seules quand il s’agissait de s’occuper de bébé ou d’élever les enfants. Autour de moi, je le vois aussi. Et oui, pourquoi un papa qui travaille, devrait-il se lever la nuit pour bébé alors que sa femme est en congé maternité ?

La place du père est loin d’être si évidente que cela, mais est-ce que le papa veut-il réellement la prendre ? J’ai envie de vous faire partager la façon dont nous l’avons appréhendée dans la famille Etoile, car indépendamment du fait que ce rôle concerne une personne, il prend toute son importance dans une relation de famille, mais surtout de couple. C’est au couple de décider dans quelle mesure ce rôle va être assuré. Cela peut être une décision tacite ou formelle.

Tout d’abord, comment s’intégrer dans une relation fusionnelle ?

Pour une maman, notre bébé, on l’a porté pendant neuf mois et dans la majorité des cas, c’est intuitif. Il faut accepter que pour le papa, les choses sont un peu différentes. Pour qu’un père prenne sa place, c’est à la maman de la lui donner, et surtout de lui faire confiance. En tout cas, c’est ce qui s’est passé chez nous. Mon mari a eu beaucoup de difficultés les premières semaines. Des choses qui me paraissaient évidentes, ne l’étaient absolument pas pour lui. Oui, je pense que j’ai du lui apprendre son « rôle de père », mais attention je parle du côté technique et non affectif : tenir le choc et être réactif face à une couche radioactive, penser sécurité, anticiper les besoins de bébé, etc…

Bref, pendant quelques semaines, j’ai eu un bébé et un « grand enfant ». Note très importante : mon mari a une peur bleue du changement, alors l’arrivé d’un bébé dans nos vies… Il a donc fallu gérer les besoins de mon tout petit, mais aussi les moments de découragement, de doutes de ma moitié. Avec beaucoup de patience, d’écoute, d’explications, le papa peut s’intégrer dans cette relation très étroite avec bébé. Il faut apprendre à lui faire confiance, car je le reconnais, au début, j’avais tendance à regarder ou plutôt surveiller ce qu’il faisait. Chaque maman réagira différemment, mais honnêtement, c’est parfois dur de lâcher du leste au début et de faire confiance au papa.

Le papa : un parent complémentaire

Indépendamment de vouloir tout de suite l’aider dans son rôle de père, j’ai toujours perçu mon mari comme étant ma moitié complémentaire même avant l’arrivée de bébé. Il ne fait pas les choses « comme moi », « mieux que moi », mais juste comme il le sent et avec tout son coeur. Nos rôles de parent sont différents « à l’usage », car chez nous, le papa est bien plus à l’aise pour les moments de jeux et promenades que pour les soins par exemple. Son rôle est tout simplement complémentaire au mien, et cette situation est sans doute le cas dans beaucoup de famille, car nous ne sommes généralement pas en couple avec quelqu’un qui nous ressemble à 100% ou qui perçoit les choses de la même manière. J’ai encouragé mon mari dans ce sens afin de lui faire comprendre qu’il n’y avait pas un parent « mieux » que l’autre et surtout pour qu’il prenne confiance en lui.

Ces différences et ces complémentarités ne feront sans doute que s’amplifier lorsque Petit Prince va grandir, et c’est très bien. Du moment, que nous arrivons à trouver des lignes directrices communes pour l’éducation…  Dans tous les cas, nous avons chacun construit nos moments avec Petit Prince. Ainsi il a aujourd’hui une relation distincte avec sa mère et son père. Et quand nous sommes tous les trois, les rapports sont encore différents.

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Socialement, ce n’est pas si évident !

Pas facile de faire le choix d’être un papa qui veut s’impliquer pleinement dans son rôle de père : qui veut aller chercher son enfant le soir ou qui veut poser un congé parental. Bien que la société a évolué, les stéréotypes sont persistants. Et oui, c’est normal pour une maman d’être en congé maternité et/ ou parental, de mettre entre parenthèse sa vie professionnelle, de finir plus tôt les soirs pour aller chercher les enfants… Pas pour les hommes. L’homme qui ferait cela, serait perçu comme « une bête étrange ». J’exagère !?

A l’opposé, une femme qui fait carrière, qui ne cuisine pas (attention j’adore cuisiner), etc… peut être perçue comme une personne égoïste qui ne pense pas à sa vie de famille et « qui castre » son mari. Là aussi, je grossis les traits ! En tout cas, je ne vous dis même pas comment a été perçu par ma belle-famille les six semaines de congé parental pris par mon mari et comment cela a été considéré dans son travail. Je pense que certains papas n’arrivent pas à prendre leur place comme ils le voudraient en partie à cause du regard des autres ou de ce qu’il perçoivent ailleurs. Quoiqu’il en soit mon mari a fait ce choix, certes pour que je puisse reprendre le travail un peu plus tôt – j’ai voulu être arrangeante vis-à-vis de mon employeur… -, mais aussi pour prendre confiance en lui et être seul avec notre fils.

Le choix de mon mari

Je disais un peu plus haut que la place du père est en partie une décision de couple. Oui, c’est vrai, car un enfant change la vie, demande du temps : globalement d’avoir une vie et une relation de couple différentes intégrant une nouvelle petite personne. Et bien, j’ai la chance d’avoir épousé quelqu’un à l’écoute avec une histoire personnelle qui l’a marqué. En effet, il a énormément souffert enfant de l’absence affective de son père, qui clairement ne l’a pas élevé et était là en « spectateur ». Son père n’a jamais aidé sa mère et ne s’est jamais investi dans son éducation. Situation sans doute très fréquente dans les générations de nos parents, jeunes trentenaires que nous sommes ?

Malgré sa peur du changement et le bouleversement d’un bébé, il a choisi « d’assumer », d’être là, de m’aider pour que je puisse me reposer si nécessaire, mais par dessus tout de donner à notre fils cette sécurité affective qui lui a manqué. Le congé parental qu’il a pris, a d’ailleurs permis de mettre en place de bonnes bases avec un bon ciment. Etre seul avec son fils, cela donne énormément confiance dans son rôle de père comme je le disais ci-dessus, et surtout cela l’a aidé à prendre conscience de tout ce qu’il pouvait lui apporter. Aujourd’hui il s’investit pleinement dans son rôle de père : entre « devoir » d’être un bon papa et surtout plaisir de le faire !

Je suis très admirative de son comportement et de notre choix de couple. Avant la naissance de Petit Prince, nous avions un petit peu parlé de la vie à trois, discuté des appréhensions de chacun et de ce que nous avions plus ou moins envisagé à son arrivée. Lors de son arrivé, ce choix s’est fait donc « tacitement » et s’est imposé doucement sans que nous ayons besoin de « négocier » ou d’en parler des heures et des heures. Quoiqu’il en soit mon mari s’est investi plus que ce que je le pensais, a développé des qualités insoupçonnées, et a su prendre sa place : celle qu’on a voulu lui donner tous les deux en pensant à l’épanouissement de notre fils.

 

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Une réflexion au sujet de « Devenir parents : quelle place pour le papa ? »

  1. J’aurais tellement de choses à dire sur ton article que je sens que je vais en oublier la moitié. Déjà bravo pour votre communication et votre implication à tous les deux.
    Je me retrouve beaucoup dans ce que tu écris. Clairement, j’ai des attentes vis à vis de mon mari et parce que j’ai vu de quoi il est capable avec mon neveu (sujet de mon prochain article), je suis très sereine sur son implication. Clairement, j’ai une pleine confiance en lui et je ne me lancerais pas dans l’aventure sans cette certitude.
    J’avoue j’attends beaucoup de lui aussi car mon père a été très impliqué dans notre vie à ma soeur et moi et je ne conçois pas l’éducation comme venant d’un seul parent. Après cela m’intéresse beaucoup ce que tu dis vis à vis du regard des autres dans cette implication notamment pour le congé paternité. Clairement je sais que je ne prendrais pas un congé maternité sans doute pour des raisons similaires aux tiennes. Et j’avoue je ne me suis pas posée la question de comment la famille ou les amis percevraient le fait que mon mari prenne un congé parental. Pas sûr que cela plaise à tout le monde en effet.

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